mercredi 9 juin 2010

Sud Lipez et Uyuni

Effectivement ce le fût. Des lagunes blanches, vertes, rouges au pied de volcans et montagnes aux couleurs toute aussi folles, des geysers bouillonants, une source d'eau à 35 degrés, des rochers aux formes surréalistes plantés au milieu du désert, des coulées de lave torturées, des lamas, des flamands roses, des vicuñas... et le salar d'Uyuni ! Le tout entre 3600 et 5000 mètres d'altitude au milieu de la cordillière des Andes.




Le salar... indescriptible, mais essayons. Une étendue parfaitement plane et blanche s'étendant sur l'équivalent de deux départements français. Seules les montagnes à l'horizon et quelques îles couvertes de cactus parsèment ce désert de sel, ancien lac évaporé. Cette étendue immaculée reflétant le ciel et les montagnes, ses dernières semblent léviter. Le plus marquant est de sentir le calme absolu de cet endroit, assis seul au milieu de rien, profitant du silence total et regardant l'horizon. Inoubliable.









Au final, excellente expérience. Toutefois, après qu'on nous a bien expliqué que ça allait être une expédition dans des conditions extrêmes, on a été surpris d'être autant chouchoutés (on n'a jamais autant mangé en si peu de temps depuis le début du voyage) et d'avoir aussi bien supporté le froid et l'altitude. Seul point négatif, on n'est pas habitués à être transportés en promène-touriste, tout est planifié, le guide va jusqu'à nous dire quand prendre des photos. Mais il n'y avait pas d'autre solution. On retrouve notre liberté en arrivant à Uyuni, notre première ville bolivienne. D'ailleurs on sent le changement de pays à la vitesse de la connexion internet...
















Atacama

San Pedro de Atacama, petit village aux maisons traditionnelles, touristiques (peut-être un tiers de français !) mais très agréable à vivre.
Première journée ou le jour le plus long. Nous partons à pied, confiants, de bonne humeur, découvrir la vallée de la luna (le routard nous annonce 10 km, ce qui nous fait bien rire, mais ne précise pas que la vallée s'étend sur 16 bornes). Nos 4 litres d'eau sont vite épuisés, ce qui nous oblige à raquer 10 euro de flotte; ça coûte cher dans le désert! Le paysage est surprenant et s'étend à l'infini. Sur le chemin, on se rend compte que tout le monde est en bus, mis à part quelques courageux à vélo. Nous sommes les seuls urluberlus à le faire à pied. C'est pourant beaucoup plus intéressant pour sentir cette immensité et comprendre ce qu'est un désert. Le retour sous un ciel étoilé denué de toute pollution lumineuse est magnifique, et très long. Les pieds de Marine et Renaud en pâtissent lourdement, on a tout de même fait plus de 50 km quasiment sans pause. Marine s'est en outre pris un bon coup de soleil.
Le lendemain on va voir des lagunes, en bus pour cette fois. Baignade dans un lac salé (on flotte vraiment), 30 mètres de large pour 40 de profondeur, étonnant non ! Les montagnes se reflètent dans les lacs, un double parfait, surtout le volcan Licancabur. Rinçade dans les yeux du salar, 2 trous splendides totalement artificiels. Une entreprise cherchait du pétrole à coups de bombes, ils ont trouvé de l'eau douce. On finit par marcher sur l'eau à la dernière lagune : 10 cm d'eau sur une couche plane de sel. Jésus était Chilien. On admire les montagnes qui rougissent en prenant l'apéro au pisco sour (les agences de voyages pensent à tout).
Le lendemain on se rend à Calama pour prendre un bus à destination d'Uyuni en Bolivie. Les bus ne partent que les Lundi, Mercredi, Jeudi et Dimanche, bien sûr on est Vendredi. On retourne à San Pedro, fait le check-in dans l'hostel qu'on avait quitté cinq heures plus tôt. Puis on craque pour une traversée en 4*4 jusqu'à Uyuni, ça nous coûte un bras mais promet d'être extraodinaire.



Santiago et Nuncagua

A Santiago, comme d'habitude, mélange de festif et de culturel. On apprend le jargon chilien (omniprésent dans les conversations) et autres grossièretés castillanes autour d'une bonne bière avec Robinson et ses potes. On visite la ville (avec guides s'il vous plait : Armando et Roberto) : maison de Pablo Neruda (passages secrets et gadgets en tous genres, ce poète gagne à être connu) et le cerro San Cristobald dominant la ville couverte de smog. On visitera aussi le très riche musée d'art précolombien et une expo sur Qin Shihuang (le taré qui a construit le mausolée avec l'armée d'argile de huit millee hommes et les fleuves de mercure). Et le vendredi on part pour Nuncagua.

Fiesta en el bus, on ne nous a pas menti! C'est une vraie soirée dans le bus d'Armando qui nous conduit à Nuncagua. Idéal pour rencontrer les bénévoles. Le lendemain on se lève tôt pour rien, le matos n'arrive pas à cause de la pluie. Sceptiques au début, on revient sur nos doutes : la construction est assez pro et les familles nous font ressentir l'utilité des media-aguas (grandes cabanes de trois mètres sur six) qu'on leut construit, ils sont aux petits soins avec nous. Renaud et Marine partagent au asado avec leur équipe, quant à moi je me retrouve invité à un anniversaire. Dans les deux cas, les discussion tournent autour de leur vécu du terremoto. Le Samedi, fête un peu neuneu, mix d'une boum et d'un bal de promo, on participe médusés à l'élection du roi et de la reine de la soirée. Quand même très sympathique.
Par ailleurs on vit un temblor : il s'agit d'un petit tremblementde terre, 4.7 pour le coup, par opposition au terremoto, exceptionnel et destructeur. Sensation très étrange, suivie d'un rire nerveux général pour libérer la tension, certains s'en moquent, d'autres sont visiblement angoissés. Le 27 Février est frais dans les mémoires...
Le week-end s'avère être une expérience intéressante et utile, malgré les mauvais côtés de cette assoce qui finance une entreprise privée en puisant ses fonds auprès de l'église et du gouvernement. On rentre assez tard le dimanche, et le lendemain on fuit Santiago et son smog pour filer à San Pedro de Atacama, au coeur du désert le plus aride du monde.

Valparaiso

C'est une ville étudiante nichée sur de hautes collines, ou cerros, qui plongent dans le Pacifique : des rues très raides où les gamins courrent après leur ballon, des maisons bariolées et couvertes de centaines de graffitis bien stylés, une multitude de bars où se succèdent des concerts bien cools. On se plait bien dans cette ville, qu'on arpente inlassablement. On rencontre Ricardo, le gérant de notre hostel, un ancien leader de mouvements étudiants contre le régime dictatorial, emprisonné plusieurs fois et amoureux du pastis, ainsi qu'un groupe de chiliens très sympas. Ils vont tous les week-end à Nuncagua, petit village au sud de Santiago, pour construire des maisons temporaires pour les familles n'ayant plus de toit suite au tremblement de terre. Etant déjà motivés pour ce projet dont nous avions entendu parler, Robinson nous invite à passer quelques jours chez lui à Santiago puis à aller avec eux pour le week-end. En attendant, Lizett étant rentrée de vacances, on va se poser chez elle, en haut d'un des plus haut cerros entre Valparaiso et Viña del mar. Seconde expérience de Couch Surfing, encore une fois géniale. Lyzet est une assistante sociale qui bosse avec des délinquants et participe à une radio pirate. On passe deux soirées chaleureuses, amusantes et très intéressantes. Le dernier jour, on cherche Techo para Chile (l'asso gouvernementale qui gère la reconstruction) pour tenter de passer une semaine entière dans une ville touchée par le terremoto. L'administration nous envoie dans la ville voisine, Viña ; à l'addresse indiquée on trouve en fait un club canin, et le numéro de téléphone qu'on nous a donné est non-attribué. Du coup on abandonne et on trace chez Robinson à Santiago.