samedi 1 mai 2010

El Calafate, El Chalten, El Bolson

Après notre premier long trajet en bus, 32 heures, nous arrivons à El Calafate où on s'instale dans un camping quasiment désert. La ville est totalement dédiée aux touristes relativement aisés: tout est très cher par rapport au reste du pays. Après hésitation au vu du prix du trajet et de l'entrée du parc national, on se décide à aller au Perito Moreno, un glacier de soixante mètres de haut, sans doute le plus vivant de Patagonie: il gronde, craque, progresse en permanence, des morceaux de glace se détachent et tombent dans l'eau très régulièrement, et de temps en temps, des pans importants s'écroulent dans un fracas assourdissant. L'incroyable accoustique du lieu fait que le moindre bruit est amplifié mille fois, il est donc aussi intéressant d'écouter vivre le glacier que de le regarder se mouvoir. La glace compactée durant des centaines d'années devient tellement dense qu'elle prend une couleur bleue lumineuse. L'eau du lac a elle aussi une belle couleur bleue dûe aux minéraux arrachés au granit par le glacier.








Bref, on a bien fait d'y aller! Le lendemain nous partons pour El Chalten. Nous arrivons donc de nuit dans ce petit village au pied du Fitz Roy, et après avoir appris que les campings étaient fermés (fin de saison touristique), nous nous installons dans une petite auberge de jeunesse-restaurant qui s'avèrera extrêmement sympa. On fait connaissance avec Sydney, notre compagnon de chambrée français (il y en a décidément beaucoup!) et le lendemain nous partons nous promener avec lui, admirant pour la première fois le Fitz Roy sous un ciel radieux, ainsi que les points de vue, les condors majestueux, une jolie cascade de 15 mètres, avant de rentrer à l'auberge. Soirée sympa dans la salle commune, où nous faisons connaissance avec Rodrigo, un brésilien génial et hilarant qui est enchanté de boire quelques Caïpirinhas avec nous.
Le lendemain il nous accompagne donc avec Sydney en randonnée à la Laguna Torre, encore une jolie ballade avec un beau lac au pied d'un glacier, des condors, une belle vue sur le Mont Torre, sublimée quand le soleil arrive, une bataille de boules de neige, des lamas... Puis bonne soirée à l'auberge, où on rencontre un autre brésilien, Anderson, un poète anarchiste, tatoué et percé, de Sao Paulo, comme Rodrigo. On nous invite dans une soirée privée au resto de l'auberge, l'anniversaire d'une fille du coin, on rigole avec les amployés, tous super sympas, on chante en karaoké, puis l'un des employés, Juaco, nous emmène (Sydney, Rodrigo et moi, Bastien) dans un bar. Tout étant fermé, on se retrouve sans le savoir dans un bar à putes un peu glauque, mais on a bien rigolé. Du coup réveil difficile pour certains le lendemain. Marine, qui s'est couchée plus tôt, part pour la laguna de los Tres, un petit lac au pied du Fitz Roy. Renaud et Sydney iront le lendemain, mais moi j'ai décidé de reposer mon genou qui me fait un peu mal depuis la dernière rando (ma vieille tendinite qui se réveille je pense). En bref, ballades, soirées sympas à l'auberge, rencontres avec les hôtes de tous les horizons, jeux de cartes, bars... Le dernier jour nous partons voir le canyon à quelques kilomètres au Sud du village. Marine s'arrête en cours de route car elle a essayé de manger une "pizza de la casa" toute seule au resto de l'auberge et qu'elles sont vraiment copieuses! Le canyon valait le coup, même si le trajet était rendu difficile par la violence du vent! Dernière soirée sympa aussi, malgré l'absence de Rodrigo et Anderson. On découvre que le jeu de cartes du "Trou du cul" est international quand un sud-coréen et une californienne nous proposent de jouer! Le lendemain c'est le départ pour El Bolson, après des adieux déchirants à notre nouvel ami Sydney.



[30 heures de bus]


El Bolson est comme on nous l'avait décrit: un petit village paisible et bariolé au pied des Andes peuplé de gentils hippies fins connaisseurs des herbes médicinales, tous particulièrement chaleureux. Ils passent leur temps à contempler les ocres, rouges, verts et jaunes de cette région boisée en ce début d'automne, à pêcher la truite et le saumon à la mouche et à parler spiritualité, anarchisme, communisme. Nous sommes installés dans un petit camping au bord de la rivière, très joli, patronne adorable, et les journées s'écoulent paisiblement. Renaud et Marine se sont un peu promenés autour, moi j'évite pour que mon genou se remette bien. Le deuxième soir nous allons au bar El Sol que nous a conseillé une serveuse survoltée d'un autre bar, et y rencontrons entre autres Mariano, un hippie (ou bohémien comme il préfère dire), étudiant en anthropologie et poète spécialisé en Aïkus. Le lendemain nous passons l'après-midi dans le parc avec lui et ses amis, puis il nous invite chez lui, une petite cabane dans la montagne, sans eau courante, chauffée au bois, où il héberge actuellement deux ou trois amis de passage. On y passe une soirée sympa avec trois autres argentins plus un berbère expatrié avec qui j'ai d'ailleurs eu des conversations fort intéressantes à propos de sa haine des Arabes. Le lendemain on les recroise au Sol, à l'occasion d'une nouvelle bonne soirée qui malheureusement nous empêche de nous lever assez tôt le lendemain pour prendre le bus pour le Lago Puelo. En même temps c'est le 1er Mai, on se repose!

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