mardi 3 août 2010

Arequipa - Canyon de Colca - Mancora

Transition assez marquée entre la Bolivie et le Pérou. Arequipa est une ville riche, au centre-ville colonial grandiose, ça brille, c'est propre, ça pullule de bars à touristes, qui sont omniprésents. On file vite vers le canyon de Colca, but de notre escale dans cette région, non sans s'être emmerveillés de redécouvrir des hostels avec des douches CHAUDES qui marchent. On arrive donc à Cabanaconde, village en haut du canyon, à six heures du mat sans avoir dormi beaucoup dans un bus chaotique, dur pour commencer une rando. Le sentier est un peu dur à trouver car non balisé (ils n'ont pas intérêt à indiquer la route vu le nombre d'agences qui proposent la ballade). C'est donc après quelques détours qu'on entame la descente sous le soleil levant. C'est magnifique et on gambade tranquillement en voyant les visages éreintés des dizaines de personnes qui elles remontent (on fait le circuit classique à l'envers, on ne fera donc quasiment que croiser des gens dans l'autre sens). Arrivés à l'oasis, bain de soleil, piscine et bière fraiche avec une jolie vue. On bronze bienheureux en attendant que le soleil tape moins pour reprendre la route. Le soir, on dort chez Gloria à San Juan après trois ou quatre heures de chemins superbes au milieu du canyon. Reveil à cinq heures trente, on part vite après le desayuno, il vaut mieux arriver tôt pour avoir un bus. Et voilà la partie qu'on appréhendait un peu, la remontée est un mur de 1100 mètres de denivelé, impressionnant, on croit se trouver au pied de l'escalier du Mordor. Pourtant, on marche pas trop chargé, d'un bon pas, on remonte le canyon en deux heures trente au lieu de quatre et on arrive impeccable pour prendre le bus et rentrer à Arequipa. Julien nous a convaincus de le suivre vers le Nord du Pérou qu'il connait bien, pour passer la fête nationale sur la plage. On part donc direction Lima, Piura, Mancora. C'est parti pour deux jours de bus !





On ne connait Mancora que grace à Julien qui travaille dans le coin depuis un an. C'est une jolie petite plage genre Ibiza péruvien, ça paraissait idéal pour y passer les fêtes nationales. Effectivement, durant trois jours au programme : fêtes, baignades et gastronomie, un vrai farniente. A noter le plat typique du coin, le ceviche, poisson cru mariné dans le citron, délicieux. Au final, de très bons moments avec un groupe génial (mélange de français, péruviens et autres) avec qui nous sommes allés quelques jours de plus à Piura avant de se dire adieu. Triste mais bon, il faut bien bouger, il nous reste pas mal de sites à voir. Maintenant place aux randos !

Copacabana - Ile du Soleil

Pas grand chose à faire à Copacabana. Le coin est très joli, les collines qui plongent dans l'immense lac Titicaca, par contre archi blindé de touristes ! De plus, la seule banque de la ville n'est jamais ouverte, ce qui fait qu'on attend plusieurs jours en galère de thune avant d'enfin pouvoir visiter l'île du soleil. Finalement, on réussi à prendre le bateau pour y aller et ça vaut le coup. On rencontre Julien, un brestois avec qui on voyagera quelques temps. On débarque au Sud de l'île et on marche jusqu'à la partie Nord. Super ballade, l'île est vraiment belle le lac gigantesque ressemble à une mer qui serait à 3800m d'altitude... On croise quelques ruines incas (d'ailleurs je me perds dedans), puis on arrive au bout de l'île qui tourne vers l'Ouest pour admirer le coucher de Soleil sur le lac. Puis on redescend au petit village, on trouve une auberge et on joue aux cartes autour d'un verre avec Julien, un français et sa copine anglaise. Le lendemain, on est reveillé par les grognements des porcs et les cris des ânes qui se balladent sous nos fenêtres sur la plage. On rentre avec la navette à Copacabana, on se fait notre dernier resto en Bolivie et on part pour le Pérou avec Julien, qui va à Arequipa aussi.

La paz - Tihuanacu

La Paz, grande ville où on aurait pas fait grand chose d'autre que du shopping et une soirée avec des argentins et brésiliens rencontrés à l'hostel, s'il n'y avait eu la fête d'anniversaire de la ville. A cette occasion, les paceniens organisent d'immenses défilés qui durent des heures et des heures où sont représentées les moindres associations de la capital politique bolivienne. Ministères, clubs sportifs, écoles, usines, vraiment tout le monde défile en chantant "Que viva La Paz". On vous avait dit que les boliviens aiment défiler. On prend quand même un jour pour aller visiter les ruines de Tihuanacu, à une heure de route. C'est en sortant de la ville en arrivant sur les hauteurs, qu'on a la première belle vue de la Paz : cette capitale, la plus haute du monde est entourée de hauts sommets enneigés, dont elle recouvre en partie les flancs. Difficile de croire qu'une si grande ville puisse exister dans un tel paysage. A Tihuanacu, tout petit village, on visite les ruines de ce qui a été la capitale de la civilisation pré-inca Tihuanacu. Le site est intéressant, quoique en bonne partie détruit. Le plus bluffant reste la richesse des grands monolithes ainsi que la mytique porte du soleil. Mais de la pyramide centrale, il n'y a plus grand chose. Après le site on retourne au village chercher un bus pour rentrer à La Paz. Hors il se trouve qu'ils faisaient encore la fête de l'anniversaire de La Paz. Tout le monde était réuni en costume sur la place centrale par petits groupes autour de caisses de bières. Pour nous rentrant sagement de visite culturelle ça a été un choc. C'était une véritable bachanale, Sybaris renaissait de ses cendres en Bolivie. A dix-huit heures tout le village, jeunes, vieux, hommes et femmes étaient complètement imbibés, une vision suréaliste. Hallucinant de voir les vieilles dames en costumes traditionnels boire des litres de bières. C'était marrant à voir et un peu inquiétant pour nous qui devions rentrer à La Paz et qui voyions partir quelques bus pleins à craquer (du genre à trente au lieu de quinze dans des mini-bus où on est de base serrés). On finit par rencontrer un type qui nous propose de nous emmener à La Paz dans un bus si on achète des bières ! On s'exécute et on reste une demi-heure dans un bus totalement hétéroclite au vu des passagers qui n'avaient pas tous l'air de savoir ce qu'ils faisaient là, par contre visiblement ravis de trinquer avec des gringos. Au bout d'un moment on comprend que le bus ne va pas à La Paz mais qu'ils vont nous en trouver un autre. Et mine de rien, ils prennent soin de nous : quand on désigne un bus qui va à La Paz, ils nous disent "Oui il y va mais le chauffeur est bourré, on va appeler le frère de machin" qui au final arrive effectivement sobre et nous ramène tranquillement. Et le lendemain on part pour Copacabana et le lac Titicaca.

Rurrenabaque et la selva

Arrivés de nuit, ce n'est qu'au matin qu'on découvre que cette petite ville tropicale au bord du río Beni est entourée de montagnes abruptes à la végétation luxuriante. On commence à parcourir les rues de cette paisible bourgade sous une chaleur humide accablante à la recherche d'infos sur les tours dans la selva. On rencontre vite quelques artisans argentins qui nous indiquent un indigène qui travaille à son compte et propose des expéditions dans la jungle. On prend donc une des navettes qui font la liaison avec San Buenavista, village de l'autre côté du fleuve où habite Alfonso, notre futur guide. On le rencontre chez lui, avec sa famille, et on se met vite d'accord sur une expédition de quatre jours dans la jungle. Il nous fait tout de suite très bonne impression. En fait il est originaire d'un petit village indigène plus avant dans la selva où il était chaman, a travaillé comme guide pour une des nombreuses agences de Rurrenabaque durant des années mais a arrêté, fatigué d'être payé une misère alors que les patrons se remplissent les poches des dollars des touristes. A 58 ans il est donc maintenant à son compte, et tout le monde y gagne : nous payons deux fois moins cher qu'en agence et lui gagne bien plus. De plus on préfère donner notre argent à cet homme simple et sympa qui vit pauvrement avec sa famille dans des cabanes en bois sans eau courante ni électricité.Le lendemain, après avoir acheté les vivres, on part donc avec Alfonso, Rilvert son fils de 12 ans, et les trois argentins qui ont décidé de venir aussi. Après quelques heures de bus, qu'on a encore dû pousser au démarrage et qui a crevé à mi-chemin, normal, on pénètre dans la selva. Là commencent quatre jours intenses, à crapahuter entre les arbres gigantesques, splendides, farfelus, les lianes, les colonies d'énormes fourmis chasseresses, les nuées de moustiques, mouches "marioui", les énormes papillons aux couleurs éclatantes et les petits blancs qui pondent sous la peau... On pêche les piranhas qu'on prépare le soir ou au petit déj au feu de bois, on écoute les innombrables bruits de la forêt, cris d'oiseaux, hurlements de singes, on suit des traces de tapirs, de biches, de porcs sauvages, on aperçoit un crocodile, on échappe à des serpents mortels... Alfonso et son fils nous apprennent des tas de choses sur les habitudes des animaux, sur les vertus des différentes plantes qu'on croise, c'est vraiment passionant. Et il est impressionant à identifier n'importe quel animal à l'oreille quand nous on confond des cris de singes avec des chants d'oiseaux, voire avec le bruit du vent! Finalement on en ressort dégueulasses, couverts de sueur, de terre, de piqûres, morsures et égratignures diverses, mais ravis et un peu changés (pour le moins désensibilisés aux attaques d'insectes inconnus et vrombissants). On arrive à la route trop tard pour le dernier bus, mais un camion nous laisse monter sur son chargement de bois, et on rentre tranquillement, en suçant des feuilles de coca, regardant le paysage et pensant à ces quelques jours magiques. Après quelques heures immobilisés à réparer le camion on arrive à San Buena vers une heure du matin. Dans le seul hôtel du bled il n'y a qu'un lit double de libre pour trois, et la douche qui nous faisait rêver ne marche pas... Mais bon, une nuit de plus couverts de boue c'est pas la mer à boire!Le lendemain et le surlendemain c'est la fête anniversaire de San Buena, avec plein de musique, de concerts dans les bars, de boliviens qui nous invitent à boire avec eux... Et quand ils se mettent à boire le spectacle vaut le détour! Ils éclusent la bière à vitesse grand V en enchaînant les cul-secs, ils invitent les tables voisines à faire de même, ils chantent et dansent (tant qu'ils tiennent debout)... On finit la soirée plus tranquillement en jouant au truco avec nos trois amis argentins, à qui on avait promis une partie. Et le lendemain, après les adieux, échanges de photos et emails habituels avec tout le monde (eh oui, j'ai crée une boîte mail à Alfonso), on quitte ce coin de nature tropicale splendide un peu à contre coeur pour prendre la route de La Paz.

dimanche 4 juillet 2010

Samaipata et Santa Cruz

Après autant de temps en ville, on était assez contents d'arriver à Samaipata. C'est un petit village paisible au milieu des montagnes couvertes d'une végétation abondante, à deux pas du parc national d'Amboro, à l'aurée de l'Amazonie. A peine arrivés, on rencontre James, états-unien, et Philippe, québécois ; on décide de partir le lendemain pour deux jours dans le parc naturel avec un super guide, Erwin. Deux journées géniales à crapahuter dans la forêt derrière notre Rambo personnel qui joue de la machette comme pas deux pour nous frayer un chemin, qui nous montre des traces de pumas, d'ours, de porcs sauvages... De plus Erwin est très sympatique (et bon cuisiner), le bivouac au feu de bois n'en est que plus agréable, avec en fond sonore les chants des oiseaux et quelques hurlements de singes.
De retour au village, on rencontre pas mal de voyageurs et on passe quelques jours tranquilles entre matchs de mondial et soirées avec ce bon petit groupe, dont un grand barbecue au camping autour du feu avec un djembe mais malheureusement pas de guitare. On visite aussi un petit refuge zoologique avec des singes en liberté et pas mal de voyageurs bénévoles. Au final on aurait eu envie d'y rester un mois, mais cela faisait déjà sept jours qu'on était là, il était temps de s'en aller... On décide quand même de rester une dernière nuit pour partir en même temps que Maxime, brestois, Mathieu, touranjou, et Loic, bordelais, (et oui encore trop de français...) qui vont aussi à Santa Cruz et on abandonne le reste du groupe.
A Santa Cruz, on regarde le mondial le jour (beaucoup d'ambiance dans les bars en Amérique du Sud !) et le soir on joue au Truco qu'on a finalement réussi à apprendre grâce à Mathieu et qui s'avère être un jeu génial. On ne reste que deux jours puis on quitte les autres et on part pour Trinidad, sur la route de Rurrenbaque.

Premières semaines en Bolivie

Après un bref passage à Uyuni on arrive à Potosi. Ville chargée d'histoire : en effet les mines du Cerro Rico, c'est-à-dire de la colline riche, ont fourni les milliers de tonnes d'argent qui ont enrichi l'Espagne pendant un peu plus de deux siècles. Sept millions d'indigènes sont morts ainsi, permettant l'expension du capitalisme européen, l'alimentant entre le XVIème et le XIXème. Marine et moi avons visité la mine avec un groupe. Expérience impressionnante : on croise des mineurs poussant des chariots d'une tonne et demi remplis de minerai sur des rails défoncés, on fait les offrandes rituelles aux statues des dieux de la mine, on offre du singani à un mineur au fond d'une galerie, puis on doit attendre quelques minutes que la dynamite qui vient d'être installée explose : la galerie tremble à chaque détonation. Au final ce fut vraiment intéressant de rencontrer ces gens qui passent leurs vies sous cette colline, à mâcher de la coca pour supporter le labeur à 4000 mètres d'altitude, à prier à la fois Jésus et leurs dieux païens de leur accorder des meilleurs conditions de travail ou de trouver du minerai pur et qui gardent toujours le sourire malgré une espérance de vie de 45 ans. Certains vont même jusqu'à retourner dans la mine pour picoler entre eux les jours de congé !
A Potosi, on commence aussi à découvrir la culture bolivienne. Au début, on est surpris par la façon de s'habiller des femmes, avec leurs jupes plissées, leurs pulls ou punchos aux motifs traditionnels, leurs bébés accrochés dans le dos et leurs chapeaux melons... Cela fait plaisir d'arriver dans un pays qui a su rester proche de ses racines, contrairement à l'Argentine ou le Chili, très occidentaux.
On parle beaucoup politique avec les boliviens. On voit à leur histoire, succession de révoltes, révolutions, guerres et coups d'état, que ce peuple, qui a aujourd'hui atteint une stabilité relative, se rebelle quasi-constamment contre le pouvoir, qu'il soit issu d'un putch ou démocratiquement élu. Pour exemple, les mineurs n'y vont pas de main morte, ils manifestent en balançant de la dynamite sur les flics ! La situation a toujours été tendue entre l'Ouest, région pauvre à majorité indigène, et l'Est, soit les provinces riches de Santa Cruz et de Beni, plus typées europénnes. Mais en dehors de ça, nous découvrons des gens chaleureux, souriants, ouverts et très festifs. A Potosi, Sucre puis Cochabamba, pas un jour ne se passe sans qu'une fanfare défile pour une raison quelconque, anniversaire de l'école, fête religieuse ou juste comme ça, pour faire la fête accompagnés de danseurs ou d'un cortège de personnes déguisées... Le plus drôle est qu'en général, les fanfares se composent de quelques percussions qui assurent plus ou moins et d'une poignée de trompettes qui jouent n'importe quoi chacune dans son coin, mais avec une énergie, une bonne humeur qui font de la cacophonie inaudible un joyeux tintamarre. A part ça, j'adore vraiment la musique andine et la Bolivie en est le coeur puisque c'est de là que viennent la kenam la zampoña et le charango (sorte de flûte droite, flûte de pan et petite guitare). Pour un aperçu, écoutez les K'jarkas par exemple. Et c'est encore mieux avec les magnifiques paysages de l'altiplano sous les yeux. A Cochabamba, on va un peu plus loin en découvrant les danses traditionnelles lors d'une soirée au centre culturel Tinkuna. D'abord, on participe à une petite cérémonie où on brûle de la graisse de lama et quelques autres offrandes à la Patchamama en mâchant des feuilles de coca, puis on boit de la chicha, un alcool de maïs qui fait légèrement penser au cidre, sans oublier de verser une partie du bol en bois sur le sol avant de le boire cul sec, le remplir à nouveau et le tendre à quelqu'un d'autre. Ensuite la musique commence, les gens dansent autour du feu et la fête continue tard dans la nuit.
Deux jours plus tard, c'est le solstice d'hiver, le nouvel an andin. A cette occasion après avoir dansé sur la place centrale en costumes traditionnels, des centaines de personnes se regoupent à l'extérieur de la ville pour le même genre de rituels et pour faire la fête en attendant le lever du soleil. Nous avions loupé le départ, mais l'ambiance était très bonne aussi dans les bars ! Sur Cochambamba, on peut ajouter que la nourriture y est très copieuse, bonne et pas chère. Enfin encore plus que dans le reste du pays. Et puis il y a aussi la place centrale où on peut aller à chaque heure de chaque jour en étant sûr de trouver des débats politiques, des clowns, des artistes de rues, des espèces de concerts-sermonts catholiques, des groupes de musiques traditionnelle, et je ne sais quoi encore !
Globalement de la ville donc jusque là, à part une virée aux sept cascades près de Sucre, très jolie succession de chutes d'eau dans une espèce de canyon et au lac Angostura près de Cochambamba.

mercredi 9 juin 2010

Sud Lipez et Uyuni

Effectivement ce le fût. Des lagunes blanches, vertes, rouges au pied de volcans et montagnes aux couleurs toute aussi folles, des geysers bouillonants, une source d'eau à 35 degrés, des rochers aux formes surréalistes plantés au milieu du désert, des coulées de lave torturées, des lamas, des flamands roses, des vicuñas... et le salar d'Uyuni ! Le tout entre 3600 et 5000 mètres d'altitude au milieu de la cordillière des Andes.




Le salar... indescriptible, mais essayons. Une étendue parfaitement plane et blanche s'étendant sur l'équivalent de deux départements français. Seules les montagnes à l'horizon et quelques îles couvertes de cactus parsèment ce désert de sel, ancien lac évaporé. Cette étendue immaculée reflétant le ciel et les montagnes, ses dernières semblent léviter. Le plus marquant est de sentir le calme absolu de cet endroit, assis seul au milieu de rien, profitant du silence total et regardant l'horizon. Inoubliable.









Au final, excellente expérience. Toutefois, après qu'on nous a bien expliqué que ça allait être une expédition dans des conditions extrêmes, on a été surpris d'être autant chouchoutés (on n'a jamais autant mangé en si peu de temps depuis le début du voyage) et d'avoir aussi bien supporté le froid et l'altitude. Seul point négatif, on n'est pas habitués à être transportés en promène-touriste, tout est planifié, le guide va jusqu'à nous dire quand prendre des photos. Mais il n'y avait pas d'autre solution. On retrouve notre liberté en arrivant à Uyuni, notre première ville bolivienne. D'ailleurs on sent le changement de pays à la vitesse de la connexion internet...
















Atacama

San Pedro de Atacama, petit village aux maisons traditionnelles, touristiques (peut-être un tiers de français !) mais très agréable à vivre.
Première journée ou le jour le plus long. Nous partons à pied, confiants, de bonne humeur, découvrir la vallée de la luna (le routard nous annonce 10 km, ce qui nous fait bien rire, mais ne précise pas que la vallée s'étend sur 16 bornes). Nos 4 litres d'eau sont vite épuisés, ce qui nous oblige à raquer 10 euro de flotte; ça coûte cher dans le désert! Le paysage est surprenant et s'étend à l'infini. Sur le chemin, on se rend compte que tout le monde est en bus, mis à part quelques courageux à vélo. Nous sommes les seuls urluberlus à le faire à pied. C'est pourant beaucoup plus intéressant pour sentir cette immensité et comprendre ce qu'est un désert. Le retour sous un ciel étoilé denué de toute pollution lumineuse est magnifique, et très long. Les pieds de Marine et Renaud en pâtissent lourdement, on a tout de même fait plus de 50 km quasiment sans pause. Marine s'est en outre pris un bon coup de soleil.
Le lendemain on va voir des lagunes, en bus pour cette fois. Baignade dans un lac salé (on flotte vraiment), 30 mètres de large pour 40 de profondeur, étonnant non ! Les montagnes se reflètent dans les lacs, un double parfait, surtout le volcan Licancabur. Rinçade dans les yeux du salar, 2 trous splendides totalement artificiels. Une entreprise cherchait du pétrole à coups de bombes, ils ont trouvé de l'eau douce. On finit par marcher sur l'eau à la dernière lagune : 10 cm d'eau sur une couche plane de sel. Jésus était Chilien. On admire les montagnes qui rougissent en prenant l'apéro au pisco sour (les agences de voyages pensent à tout).
Le lendemain on se rend à Calama pour prendre un bus à destination d'Uyuni en Bolivie. Les bus ne partent que les Lundi, Mercredi, Jeudi et Dimanche, bien sûr on est Vendredi. On retourne à San Pedro, fait le check-in dans l'hostel qu'on avait quitté cinq heures plus tôt. Puis on craque pour une traversée en 4*4 jusqu'à Uyuni, ça nous coûte un bras mais promet d'être extraodinaire.



Santiago et Nuncagua

A Santiago, comme d'habitude, mélange de festif et de culturel. On apprend le jargon chilien (omniprésent dans les conversations) et autres grossièretés castillanes autour d'une bonne bière avec Robinson et ses potes. On visite la ville (avec guides s'il vous plait : Armando et Roberto) : maison de Pablo Neruda (passages secrets et gadgets en tous genres, ce poète gagne à être connu) et le cerro San Cristobald dominant la ville couverte de smog. On visitera aussi le très riche musée d'art précolombien et une expo sur Qin Shihuang (le taré qui a construit le mausolée avec l'armée d'argile de huit millee hommes et les fleuves de mercure). Et le vendredi on part pour Nuncagua.

Fiesta en el bus, on ne nous a pas menti! C'est une vraie soirée dans le bus d'Armando qui nous conduit à Nuncagua. Idéal pour rencontrer les bénévoles. Le lendemain on se lève tôt pour rien, le matos n'arrive pas à cause de la pluie. Sceptiques au début, on revient sur nos doutes : la construction est assez pro et les familles nous font ressentir l'utilité des media-aguas (grandes cabanes de trois mètres sur six) qu'on leut construit, ils sont aux petits soins avec nous. Renaud et Marine partagent au asado avec leur équipe, quant à moi je me retrouve invité à un anniversaire. Dans les deux cas, les discussion tournent autour de leur vécu du terremoto. Le Samedi, fête un peu neuneu, mix d'une boum et d'un bal de promo, on participe médusés à l'élection du roi et de la reine de la soirée. Quand même très sympathique.
Par ailleurs on vit un temblor : il s'agit d'un petit tremblementde terre, 4.7 pour le coup, par opposition au terremoto, exceptionnel et destructeur. Sensation très étrange, suivie d'un rire nerveux général pour libérer la tension, certains s'en moquent, d'autres sont visiblement angoissés. Le 27 Février est frais dans les mémoires...
Le week-end s'avère être une expérience intéressante et utile, malgré les mauvais côtés de cette assoce qui finance une entreprise privée en puisant ses fonds auprès de l'église et du gouvernement. On rentre assez tard le dimanche, et le lendemain on fuit Santiago et son smog pour filer à San Pedro de Atacama, au coeur du désert le plus aride du monde.

Valparaiso

C'est une ville étudiante nichée sur de hautes collines, ou cerros, qui plongent dans le Pacifique : des rues très raides où les gamins courrent après leur ballon, des maisons bariolées et couvertes de centaines de graffitis bien stylés, une multitude de bars où se succèdent des concerts bien cools. On se plait bien dans cette ville, qu'on arpente inlassablement. On rencontre Ricardo, le gérant de notre hostel, un ancien leader de mouvements étudiants contre le régime dictatorial, emprisonné plusieurs fois et amoureux du pastis, ainsi qu'un groupe de chiliens très sympas. Ils vont tous les week-end à Nuncagua, petit village au sud de Santiago, pour construire des maisons temporaires pour les familles n'ayant plus de toit suite au tremblement de terre. Etant déjà motivés pour ce projet dont nous avions entendu parler, Robinson nous invite à passer quelques jours chez lui à Santiago puis à aller avec eux pour le week-end. En attendant, Lizett étant rentrée de vacances, on va se poser chez elle, en haut d'un des plus haut cerros entre Valparaiso et Viña del mar. Seconde expérience de Couch Surfing, encore une fois géniale. Lyzet est une assistante sociale qui bosse avec des délinquants et participe à une radio pirate. On passe deux soirées chaleureuses, amusantes et très intéressantes. Le dernier jour, on cherche Techo para Chile (l'asso gouvernementale qui gère la reconstruction) pour tenter de passer une semaine entière dans une ville touchée par le terremoto. L'administration nous envoie dans la ville voisine, Viña ; à l'addresse indiquée on trouve en fait un club canin, et le numéro de téléphone qu'on nous a donné est non-attribué. Du coup on abandonne et on trace chez Robinson à Santiago.


samedi 22 mai 2010

Mendoza

On arrive à Mendoza. Journée de merde et il pleut pour la première fois depuis Janvier, mais le soir le gérant de l'hôtel familial organise un asado. Super ambiance, bonne viande a volonté, discussions intéressantes avec les voyageurs des Etats Unis, d'Israel, du Japon et du Chili. C'est amusant de parler de black-blocks avec un états-unien et de grèves avec une japonaise. Le lendemain musée d'art contemporain (Lili Posca vraiment bien). Sur la route des courses, on passe devant une "église" qui ressemble plus à une salle de concert. Des placeurs nous acceuillent en nous donnant une carte de l'église, un bonbon et le programme du mondial. Le prêtre chante avec sa guitare électrique sur scène accompagné par un coeur style afro-américain, un batteur, un bassiste, une musique très entrainante, des paroles très catholiques et assez simplistes, jeunes comme vieux dansent et chantent dans le public les bras levés. Au dessus de la scène, un écran géant retransmet l'image du choeur, avec les paroles des chansons. Le lendemain nous partons faire la route des vins, c'est a dire passer de vignoble en vignoble en vélo et déguster les vins. Très touristique, mais on goûte enfin de vraiment bons vins argentins dans une ambiance sympatique. On retrouve les états-uniens dans la deuxième et dernière cave (c'était assez cher) et rentrons avec eux. Surprise, les trois francais de Bariloche sont arrivés dans notre hostel et nous passons la soirée avec eux. Le lendemain Marine fait le musée San Martin et l'espace culturel (tableaux contemporains divers et intéressants). Moi, j'étais bloqué dans l'hostel (souvent des forteresses) parce que Renaud et Marine sont partis avec nos deux clés. Du coup j'ai bouquiné. Le soir nouvel asado. Point négatif : sept francophones, point positif : ils sont super intéressants et cultivés (chose qui nous tient à coeur, l'un d'entre eux lisait Gonzo Highway). Le gérant, pas sympa pour le coup, décide d'arrêter la soirée à minuit de manière un peu brusque et peu cordiale. On déserte tous l'hostel le lendemain. Pas très hospitalier pour un endroit familial : cinq pesos d'amende par quart d'heure de retard au check-out. On prend le bus pour Valparaiso, en fait pour Santiago à cause du débile de la gare de Mendoza qui s'est planté de destination.

Cordoba



On arrive à Cordoba, deuxième ville du pays, très étudiante. On s'installe dans un hostel sympathique (avec un mur d'escalade !). Sur les cinq jours, on a fait : deux musées d'art, un musée sur les desaparecidos, la maison du Che et les parcs de la ville. Celle-ci est plutôt jolie et accueillante dans son ensemble. A noter que le musée des desaparecidos est en fait un lieu hétéroclyte (bibliothèque, salle de recherche, musée...) hébergé dans les anciens locaux de la police qui exerçait la répression pendant la dictature militaire. Intéressant mais perturbant.







La visite de la maison où le Che a passé son enfance, aujourd'hui devenue musée, fut aussi très intéressante pour nous. Au cours de ces quelques jours, on rencontre encore pas mal de gens très sympas, dont trois étudiantes de Cordoba membres de couchsurfing. Le dernier soir, un groupe d'argentins de Tucuman en vacances à Cordoba m'invite à aller dans un club de salsa, où j'ai halluciné en réalisant qu'ils dansent tous comme des dieux ici !




Le dernier jour on va dans la sierra autour de Cordoba, au bord d'un lac. Ballade mitigée : paysages très jolis mais on a longé une départementale sur 20 bornes. On repart de Cordoba avec un livre de Borges, un manuel d'espagnol !!! (pour Marine et Renaud), et après avoir vu Le Trou.







Bariloche






Trajet d'El Bolson à Bariloche à travers les paysages splendides de la région des sept lacs. On a la chance d'arriver en automne, saison où les arbres et arbustes couvrant la montagne forment un tapis vert, jaune et rouge de toute beauté. On s'étonne de voir les gens descendre (ou monter) au milieu de nulle part. On s'installe dans un hostel familial, tenu par César et Sylvia, où cohabitent quelques vieux qui vivent là à l'année, des jeunes qui sont là pour la saison, les voyageurs de passage et la famille des gérants. Comme le temps est mauvais on commence par visiter l'église et un musée sur les tribus indiennes de la Patagonie, sa faune, sa flore et l'histoire du pays. On apprend beaucoup de choses, notamment que les tribus de Terre de Feu vivaient nus et couverts de graisse de poisson. A l'auberge, des anciens nous apprennent le truco et le chinchon, jeux typiques d'Argentine. On lutte beaucoup pour le truco, jeu très compliqué avec deux sous-jeux, des valeurs dans le désordre et des annonces multiples et incompréhensibles, le tout dans un jargon espagnol et avec des cartes espagnoles. Pour ceux qui connaissent, on s'est vraiment crus dans Kaamelot avec Perceval nous expliquant le file-sirop. Le lendemain on part faire une bonne rando de huit heures jusqu'au refuge Frey à côté d'un des sept lacs. Forêt splendide avec les couleurs chatoyantes des arbres mêlées au blanc de la neige fraiche. Comme on avait bien sympathisé avec le couple de proprios, César nous avait invités à manger une truite ce soir là, mais il n'a pas réussi à la pêcher. Du coup Sylvia nous a fait sa spécialité, un succulent poulet aux poireaux. Encore une excellente soirée avec ces gens géniaux. Le lendemain on se rend au meilleur point de vue de la région. Effectivement on en prend plein les yeux. Ces génies ont pensé à mettre une buvette en haut, on peut donc attendre le coucher de soleil tranquillement, en compagnie des trois français (dont un belge) qu'on vient de rencontrer. En redescendant on rencontre Eduardo, un brésilien qui se trouve avoir atterri dans la même auberge que nous et qui nous prépare un plat traditionnel du sud du Brésil. On se régale encore, et on passe une soirée d'adieu avec la famille ; César, Eduardo, Renaud et moi finirons dans une boîte de Reggaetown. Le lendemain adieux difficiles, on a vraiment adoré ces personnes et cet endroit ; on les a même aidés à choisir le nom de leur hostel !